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Nature

Flore des îles Loyauté

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  • 14 décembre 2022
  • admin

Flore des îles Loyauté

La flore des îles Loyauté compte plus de 450 espèces indigènes de plantes à fleurs, conifères et fougères. Elles ont pu coloniser l'archipel par les vents, les courants marins ainsi que les oiseaux et les roussettes. Un peu plus d'une vingtaine d'espèces sont considérées comme endémiques d’une ou plusieurs îles. Il faut y ajouter une cinquantaine d'espèces cultivées par les premiers habitants des Loyauté et plusieurs centaines de plantes utiles, alimentaires ou ornementales introduites depuis la fin du XIXe siècle.

Espèces endémiques et traditionnelles

Du fait de sa superficie et de l’importance de ses forêts, Lifou apparaît comme la plus riche au niveau floristique. Mais chaque île présente des formations végétales remarquables, tant pour leur physionomie, leur topographie ou leur richesse spécifique. À l’image des corniches littorales dont les falaises sont plantées de pins colonnaires pouvant atteindre 60 m de haut, ou, comme à Maré, des « trous de bone », ces effondrements qu’on rencontre au sein des massifs forestiers, qui débouchent parfois sur la lentille d’eau douce à plus de 50 m de profondeur et abritent plusieurs espèces s’étant adaptées à la fraîcheur et à l’humidité, notamment des fougères. Le long du littoral, la présence de mangroves est étonnante, car inhabituelle sur des îles coralliennes. À noter également le petit marais de Wabao, au Sud-Ouest de Maré, qui recense la seule population de niaoulis des Loyauté.

On dirait que des lutins, ou des esprits, ont façonné la forêt des îles Loyauté au cours des siècles. Surplombant des sous-bois denses, la forêt dense sempervirente humide et la forêt sempervirente sur calcaire sont dominées par les tentaculaires banians (Moraceae), le solide kohu (Intsia bijuga) imputrescible, le faux santal (Cryptocarya elliptica) ou le buni (Manilkara dissecta) aux formes tourmentées, ainsi que de nombreuses autres espèces comme, à Lifou, le pö, le golëp, le haoca, le hmetewen ou le trelewebeth (noms en langue drehu).

Les noms communs locaux désignent souvent plusieurs espèces de plantes qui n’ont aucun lien de parenté entre elles. Le faux santal en est un bon exemple. Ce nom de faux santal est le plus souvent usité aux îles pour désigner Myoporum crassifolium dont le bois très odorant est occasionnellement utilisé justement pour falsifier le vrai santal, utilisé en mélange. L’autre faux santal, le Cryptocarya (lauracées), exhale un parfum qui rappelle à la fois le coco, la citronnelle et la vanille. Parsemé de blocs et d’affleurements calcaires, le sol irrégulier est couvert de fougères. Les jeunes pousses de l’une d’entre elles – l’asplenium nid oiseau (pahatr en drehu) – ont la particularité d’être comestibles et se cuisinent en salades. Elles se récoltent dans la forêt près de la tribu de Mucaweng, à Lifou.

Parmi les plantes remarquables, plusieurs espèces se distinguent, pour des raisons esthétiques, botaniques ou économiques. Le santal d’abord. Il grandit essentiellement dans les jachères des champs dédiés à la production d’ignames et d’autres cultures vivrières et fruitières, même si des plantations se développent depuis quelques années. Le santal est exploité depuis la seconde moitié du XIXe siècle, son bois de cœur livrant une huile essentielle utilisée en cosmétique et en parfumerie de luxe.

À Jozip (Lifou) croît l’unique population connue au monde de Cyphophoenix nucele, par ailleurs seul palmier endémique des Loyauté, prisé pour son intérêt ornemental. Autre espèce endémique, Cyrtandra mareensis est le seul représentant du genre Cyrtandra en Nouvelle-Calédonie. Enfin, n’oublions pas un autre arbuste endémique, le mamadraï, dont les grappes de fleurs rouges illuminent les jardins loyaltiens.
Diverses espèces végétales sont par ailleurs connues pour servir de remèdes traditionnels. La feuille du faux santal constitue un vermifuge efficace, celle du jasmin sauvage purifie le sang, d’autres soignent les maux de gorge ou possèdent des vertus digestives. De son côté, le buni représente une plante totem utilisée elle aussi traditionnellement, mais pour d’autres propriétés : c’est dans son bois qu’est construit le poteau central de la case de la grande chefferie.

Comment oublier le cocotier (Cocos nucifera), plante aux mille usages, qui tient un rôle de premier plan dans les cultures océaniennes ? Rien ne se perd dans le cocotier, de la noix utilisée à tous les stades de sa maturation (eau de coco, coco râpé, lait, germe, huile de coprah…) aux feuilles qui servent à la confection des toitures des cases ou de nombreux objets tressés, en passant par le bois, la bourre ou le cœur comestible…

Flore des îles Loyauté
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Flore des îles Loyauté
Flore des îles Loyauté
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Des amours de plantes

À Lifou, le puifélö (Murraya crenulata) comme le hnyim (Alyxia stellata) servent à parfumer les cases ou à se parer d’odeurs agréables. On raconte qu’à l’époque où les jeunes filles sortaient très peu de chez elles, leurs soupirants s’en confectionnaient des couronnes et se postaient non loin de la case, dans le sens du vent, afin que le parfum incite les belles recluses à les rejoindre.

Le santal, l’arbre précieux de Maré

Le santal (Santalum austrocaledonicum) pousse à l’état sauvage dans les îles de Lifou et Maré. Dès le XIXe siècle, des santaliers ont établi leurs bases dans les Iles Loyauté. Ils troquaient alors le précieux bois contre des flacons, des pipes, des perles, du fer, du tissu, mais aussi des armes et de l’alcool. Certains choisirent de s’y installer durablement pour y jouer le rôle d’intermédiaires avec les marchands, mais aussi pour y fonder une famille. Surexploité, cet arbre avait pratiquement disparu des circuits de commercialisation. Il renait aujourd’hui grâce à la mise en place d’une filière autour de l’usine de transformation Serei Nod Nengone à Takone sur l’île de Maré. Grâce à un procédé, aussi innovant que top-secret, développé avec un parfumeur de Grasse, la distillerie produit une essence aux qualités exceptionnelles qui a séduit les plus grands noms de la parfumerie (Chanel, Guerlain et Dior) et de la cosmétique (Weleda).

Utilisé au départ pour les encens à brûler, le santal est devenu une denrée rare depuis la quasi-disparition, en Inde, du Santalum album, le meilleur du monde. Pour éviter un tel désastre, les Loyauté ont opté pour une exploitation respectant les règles du développement durable. La coupe des arbres est sévèrement règlementée et se fait selon des quotas sur des spécimens arrivés à maturité. Quelque 300 coupeurs – des propriétaires fonciers de Maré et Lifou – alimentent ainsi l’usine en « bois de cœur » et pour chaque santal arraché, neuf pieds sont replantés avec la participation de toute la population. L’exportation de bois de santal brut est par ailleurs totalement interdite à l’échelle de la Nouvelle-Calédonie.

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